vendredi 25 mai 2012

LE CLUB FANTÔME !!!

Franchement, on la sent mal cette intersaison.

J'ai beau souvent me monter optimiste en matière olympienne, je dois avouer que même si je m'attendais à des hésitations, un jeu de poker menteur entre Didier Deschamps et Labrune, je reste perplexe devant le silence assourdissant de la direction de notre club préféré.

Même s'il est encore un poil trop tôt pour se livrer au travail pointu d'interprétation que ce silence mérite, je me hasarde en tant que vieil expert non diplômé ni patenté par personne d'autre que moi-même, de saisir l'occasion pour juger que ce qui apparait comme une indécision pour l'instant, semble indiquer que L'opinion de Labrune concernant Deschamps est désormais faite, elle est négative à l'égard de l'entraineur.

Car si Margarita ou son président délégué avait pensé que José Anigo constituait le problème, il y a déjà un petit moment qu'ils auraient favorisé un emballement de la machine médiatique à l'encontre du directeur sportif.

Ce temps qui s'écoule sans qu'aucune décision ne se manifeste nous laisse entrevoir l'hypothèse que j'évoquais il y a déjà quelques jours, les dirigeants attendent de voir dans quelle mesure il est possible que Deschamps prenne la porte sans avoir à lui verser d'indemnités. Il est question de Liverpool, mais l'image de Deschamps au plan international se sera-t-elle ou non dégradée ces derniers mois ? Et j'ose me poser la question à haute voix, Monaco qui vient de virer Simone, et cherche un entraineur de dimension internationale, ne pourrait-il pas proposer à son ancien glorieux entraineur de relever le challenge de la remontée en Ligue 1 avec les gros capitaux russes qui ont débarqué cette saison sur le Rocher, en vue d'un replacement du club princier dans l'élite européenne ?

Certes, l'Euro programmé cette saison retardera le déclenchement du Mercato, mais il n'en demeure pas moins que le temps ne tardera pas à presser, et que déjà, la vision du club proposée aux yeux des bons joueurs susceptibles de nous rejoindre est plutôt défavorable.

Comme nous sommes nombreux à l'avoir senti (Pythéas, Cédric, Yann, Jean Ferrara) et nonobstant le petit contingent pro-actif (dans la médiocrité) des fans de l'ex-capitaine Champion du Monde 98, l'ancien président Dassier est encore monté au créneau à l'approche de la procédure qu'il a initiée en défense de ses propres intérêts à l'encontre de l'OM, pour signifier une fois de plus la muflerie de l'entraineur marseillais à son égard, et son idée que c'est vraisemblablement ce dernier qui cette saison aura constitué le problème au club.

Combien de temps faudra t-il donc attendre, telle est toujours la question.

En attendant, on vient d'apprendre que le Directeur Général vient de faire un infarctus, difficile d'y voir un signe favorable, et voici l'OM dans une inconfortable position de vacance du pouvoir (c'est presque l'impression qu'on en retire ).

Un club Fantôme quoi !

Vive le grand Roger Magnusson qui est bien vivant, lui !

jeudi 17 mai 2012

ANIGO DOIT RESTER !!!

Les supporters de l'OM sont appelés à se déchirer au travers du conflit Anigo-Deschamps dans les prochains jours. Il se pourrait que la ligne de fracture sépare de fait les "jeunes" et les "vieux" aficionados et il faut reconnaitre que le club n'avait pas vraiment besoin de çà. Mais il ne faut pas non plus perdre de vue qu'une grande majorité, forcément silencieuse n'a pas d'avis particulièrement prononcé sur cette question épineuse.

Je mangeais il y a quelques jours au Dib's Café, l'excellente brasserie de Marcel Dib, dont j'eus l'honneur d'être le co-équipier pendant deux saisons en junior de Ligue dans le très bon club de l'US Michelis, et quand l'ancien guerrier du milieu de terrain vint me saluer je n'ai pas résisté à savoir ce qu'il pensait du conflit. "Cette histoire m'embête" me répondit-il, "je les connais tous les deux et c'est deux bons mecs, je ne comprends pas ce qui se passe".

Même s'il y a des chances que Marcel en sache plus qu'il n'a bien voulu m'en dire, il n'en demeure pas moins que son avis semble conforme à celui de beaucoup d'entre nous. Cette querelle est chiante.

Bien entendu les sondages qu'effectuent les sites consacrés au football ou à l'OM montrent tous une très nette préférence pour Deschamps, mais ce sont des chiffres qui ne correspondent à aucune réalité, chacun sait que ce sont les jeunes qui vont de préférence sur ces sites, les plus âgés disposant de moins de temps pour aller exprimer leur avis sur des motifs aussi dérisoires. Et pour les jeunes, Deschamps est un dieu absolu.
La jeunesse des internautes est d'ailleurs la raison pour laquelle Roger Magnusson n'apparaissait pas en 2010 dans l'équipe-type des 110 ans de l'OM, sélection organisée par le site om.net.

Reste que dans mon choix de voir José Anigo remis au centre du jeu, avec cette idée qu'au bout du compte, l'entraineur de l'OM soit amené à se soumettre ou à se démettre, je suis ravi de constater qu'une partie de ceux qui fréquentent ce blog et qui n'hésitent pas à me faire part de leur avis (Cédric, Marc, Pythéas, Yann) sont sur la même longueur d'onde.

Il nous reste à espérer que Vincent Labrune aura à coeur de laisser en place celui qui représente le plus à nos yeux l'ADN de l'Olympique de Marseille, à savoir José Anigo. La cohérence à moyen, court et long terme de l'ensemble de la gestion du club passe par là.

Vive le grand Roger Magnusson !

lundi 14 mai 2012

DÉFENSE DE JOSÉ ANIGO !!!

Pour l'anecdote, l'OM a battu Auxerre dans un match qui comptait pour des prunes dans l'esprit des marseillais. Ce résultat condamne l'équipe bourguignone à la Ligue 2, ce qui m'attriste pour des raisons familiales comme je l'évoquais dans le précédent billet. Je ne vois pas du tout comment les auxerrois retrouveront l'élite alors que leur centre de formation, désormais fortement concurrencé par celui des "grands clubs", dans les années 80 les meilleurs jeunes du pays donnaient leur préférence à l'AJA en priorité, ce n'est plus le cas, ne "sort" plus d'éléments susceptibles de rejoindre l'élite du foot français.
Mais le sort en est jeté, et cela fait quelques années que ce club montre des signes d'affaissement qui se traduisent cette année par une descente que je regrette.

Le regard des supporters marseillais va plus que jamais se tourner vers son équipe dirigeante, dans le but de scruter le moindre signe de mouvement à la tête du secteur sportif. Nous aurons d'autant plus de difficultés que rien ne devrait filtrer de discussions dont nous ne saurons jamais où et quand, ni comment, elles se seront tenues, et à l'heure qu'il est, journaliste chevronné et blogueur distant ne pourront se livrer qu'à un improbable exercice de prospective qu'il n'est pas dans mes intentions de fuir.

Nous connaissons tous les difficultés relationnelles entre Didier Deschamps et José Anigo. Personne ne semble vraiment capable d'en situer l'origine. Nous savons maintenant que lorsque Pape Diouf a fait part à son directeur sportif du choix de Deschamps pour remplacer Gerets alors sur le départ, il a recueilli un avis plutôt favorable de la part de José Anigo.
Mais nous ne savons pas en revanche quel était le sentiment de Deschamps à l'égard de José. Etait-il positif, ou s'est-il dégradé quand le directeur sportif s'est clairement opposé à l'arrivée de Jean-Pierre Bernès, ancien bras droit de Tapie dans "les grandes années", au sein de l'organigramme du club ?

Si on doit dater à cet instant de confusion que fût le remplacement de Pape Diouf par Dassier l'origine de ce conflit peu fructueux, nous pouvons au moins conclure qu'il n'empêcha pas l'OM de faire un doublé Titre-Coupe de la Ligue en 2010, première année de Didier Deschamps à la tête de l'effectif professionnel. Je ne me souviens pas avoir lu ou aperçu, à cette époque, le moindre propos indiquant la présence d'une telle inimitié. Et si c'est dans le courant de la fin de saison 2011 que ce que nous prenions d'abord pour une rumeur a commencé de serpenter au sein des esprits, nous n'avons pas entraperçu que Didier Deschamps ait alors publiquement fait état de la moindre perturbation dans le fonctionnement du groupe pro.

La première "sortie" de Deschamps à l'encontre de José Anigo fait suite à une victoire au Vélodrome devant l'AC Ajaccio, cette saison, une victoire arrivant après une série de contreperformances en championnat qui déjà avaient fait perdre du terrain à l'équipe, et surtout après une peu glorieuse défaite devant Arsenal en Ligue des Champions, au Vélodrome, but inscrit par les anglais dans le temps additionnel alors qu'ils étaient plus que "prenables" ce soir-là.

Ainsi que je l'avais écrit alors, il m'avait semblé fortement que DD ouvrait le parapluie en se défossant sur Anigo pour protéger son image d'entraineur "qui gagne", que sa carrière lui a permis d'imposer sur le plan national, et dans une moindre mesure, international. Nous nous souvenons tous que José Anigo qui apparaissait alors régulièrement aux côtés de Vincent Labrune, à la demande duquel il était monté au créneau auprès des supporters pour leur demander de la patience, face au plus mauvais début de saison qu'ait eu à connaitre l'OM depuis sa création, s'est mis en retrait des affaires courantes du groupe pro après une réponse cinglante, avec les tripes et un agacement compréhensible.

Ce que nous attendions tous alors, a commencé de se produire et l'équipe s'est mis à aligner une série de victoires qui l'amenèrent de nouveau sur les talons de ses devancières au classement. Malheureusement, peu après l'entame de la deuxième partie de saison, les mauvais résultats firent leur réapparition, de manière durable, sauf en Ligue des Champions et en Coupe de la Ligue. Et c'est au soir d'une inutile troisième victoire d'affilée en Coupe de la Ligue que Didier Deschamps, sur la pelouse même du Stade de France, devant des millions de télespectateurs, a de nouveau fait une allusion bien appuyée à ses prétendus "ennemis" (lesquels ? De l'intérieur, de l'extérieur ?) allant jusqu'à préciser qu'il utilisait le pluriel pour faire mine de ne désigner personne, ce qui justement ne trompa personne.

Il faut le dire, l'attitude de Didier Deschamps ce soir-là fût absolument condamnable à mes yeux. Encore une fois, l'entraineur venait se défosser d'un échec pitoyable en championnat, au soir d'une victoire qui ne laissera que peu de traces dans l'esprit des supporters, à l'issue d'une finale que les observateurs qualifièrent à juste raison d'effroyable purge qui dégouterait longtemps du football toute une génération de jeunes.

Fin de ce petit résumé que d'aucuns trouveront subjectif et partial, je ne le vois pas ainsi mais chacun pense ce qu'il veut, pour dire ce qui suit.

Au moment où j'écris, juste avant la dernière journée de championnat qui se jouera sans enjeu particulier, la question qui revient sans cesse se porte sur la personne qui sera en charge d'entrainer le groupe la saison prochaine.

Que veut faire Didier Deschamps ? Que pense vraiment Vincent Labrune de son entraineur et de sa volonté l'an dernier de prolonger son contrat jusqu'à la fin 2014 avec augmentation de salaire, et la mise à l'écart de José Anigo dont les fonctions ont été remodelées pour satisfaire Deschamps ?

L'image de Didier Deschamps reste très forte dans l'esprit de ceux qui sont venus au football pendant les années Tapie, ou plus tard, au moment de la victoire française en Coupe du Monde. Il est facile de relever dans les écrits que laissent trainer les forumeurs de toute sorte, que Deschamps suscite encore une forme d'idolâtrie au point, si on en lit certains (j'ai eu ce courage de décoder) qu'il serait capable de changer le plomb en or. Pour la plupart des hystériques qui prennent sa défense aujourd'hui, de façon véhémente, Didier Deschamps incarnerait presque la figure du martyr auquel on empêche la libre possibilité d'exprimer son art. Celui auquel des esprits peu scrupuleux des intérêts de l'Olympique de Marseille dont il est à leurs yeux le seul symbole de Marseille triomphant, mettent des batons dans les roues de son carrosse doré.

Je n'irai pas jusqu'à dire que Deschamps est un mauvais entraineur. Bien que je me pose désormais des questions.

Le jeu de l'OM n'a cessé de se dégrader depuis la fin 2010. Qui est responsable ?
Les joueurs ne donnent pas l'impression d'une grande complicité avec leur staff technique. Qui est responsable ? Le projet de jeu apparait aux yeux de la plupart des observateurs plus qu'improbable, au point que dès lors que Rémy est apparu blessé ou émoussé, et sauf quelques coups de trafalgar de Brandao, on aurait parfois pu jouer 1500 minutes sans pouvoir marquer le moindre but à une équipe moyenne. Qui est responsable ?

Aux yeux d'une poignée d'abrutis, médiocres du clavier (de l'orthographe et de la grammaire aussi) qui se démultiplient sous des pseudos anonymes, affichant là tout leur courage, déposant ici une pétition contre le directeur sportif, là, un texte ramassant les pires insanités que l'on puisse écrire sur quelqu'un, dans le seul but de calomnier celui qui s'opposerait avec ses arguments à l'idole qui tapisse encore les murs de leur chambre à coucher, à leurs yeux d'éternels boutonneux de l'esprit ou de vieux frustrés de la vie, José Anigo serait la cause de tous les maux de l'OM et ne saurait incarner le symbole du marseillais au sein de l'organigramme, sous le prétexte plus que contestable qu'il n'aurait pas soulevé de trophées au cours de sa carrière.

Ce qui se joue sous nos yeux dans ce conflit Anigo-Deschamps, voici ce que j'en pense.

Il s'agit bien plus qu'un conflit d'image, qu'un combat entre deux égos tournés vers leur propre idée de la suprêmatie. Bien plus qu'un conflit d'intérêt personnel et financier.
C'est un conflit d'identité. De valeur. De vision à long terme de ce que doit être un club comme l'OM dans le concert national et international.

La carrière d'entraineur de Deschamps se caractérise pour l'instant par deux séquences plutôt courtes à l'AS Monaco et à la Juventus de Turin son véritable club de coeur. Il vient de clôturer à Marseille sa troisième saison ce qui fait de lui l'un des entraineurs resté en poste le plus longtemps depuis... Rolland Courbis, Raymond Goethals ? Zatelli ? A vrai dire, peu importe, je ne prendrai pas le temps de vérifier dans les archives. La performance est déjà significative, particulièrement dans un club à la réputation sulfureuse et consommatrice de techniciens. Mais il n'a jamais caché ses ambitions, son état d'esprit porté vers la gagne et le sommet du podium européen. On peut tout à fait le comprendre au regard de sa carrière de joueur.

Didier Deschamps a opéré dans les meilleurs clubs européens au cours de ses années en short. Il a évolué au sein d'effectifs composés de joueurs de classe mondiale, au côté d'éléments offensifs capables de tous les exploits, auxquels il se contentait de transmettre le ballon après avoir oeuvré à sa récupération. Il s'est trouvé sous les ordres d'entraineurs à la tête d'effectifs larges en quantité comme en qualité dans tous les compartiments du jeu leur permettant de composer deux équipes d'égale valeur. C'était le cas à l'OM du temps de Tapie, à la Juventus, mais aussi à Chelsea et à Valence où il termina sur le banc... des remplaçants...

Il s'est retrouvé sur un banc d'entraineur d'un club de l'élite (AS Monaco) presque sans transition. Didier Deschamps n'entre pas dans la catégorie des éducateurs, il n'est pas passé comme la plupart de ses confrères par la gestion d'effectifs moyens, voire médiocres dont il faut tirer le meilleur par la cohésion, la complicité, l'adhésion. Ses apologues ne cessent de mettre en avant sa finale de Ligue des Champions à la tête de Monaco. Mais il n'a pas obtenu ce résultat avec une équipe de bras cassés. Il y avait parmi ces joueurs des "cracs" à tous les postes et au sommet de leurs capacités. C'est pourtant Mourinho qui remporta la finale. Ses joueurs n'étaient pas meilleurs que les monégasques, mais son équipe était pourtant bien supérieure, s'appuyant sur la conquête de la Coupe de l'UEFA l'année précédente.

Quel club est véritablement l'OM aujourd'hui ?

Certainement pas un club qui peut prétendre acheter qui bon lui semble. Ses moyens ne sont pas inexistants mais rapportés aux capacités d'investissement du top européen, auquel se mêle maintenant grâce au portefeuille garni des qataris, le Paris St Germain, sa puissance de feu apparait plutôt modeste. Son actionnaire, année après année, fait un appel chaque fois renouvelé à la modération dans les investissements, achats et masse salariale confondus, qui oblige à un jeu de plus en plus compliqué à marge étroite en terme de sorties et d'entrées de caisse. Un discours qui ne permettra jamais d'offrir à Didier Deschamps le genre d'effectif auquel il ne cesse d'aspirer et pour l'atteinte duquel il n'a jamais vu en l'OM qu'une marche, un palier à franchir.

On m'objectera que je fais foin des trois années supplémentaires pour lesquelles il s'est engagé au début du présent exercice, évitant parait-il une offre des Reds déclinant de Liverpool, ce qui reste à prouver, et que je lui projette bien trop d'intentions peu favorables à l'OM quand lui-même se sera peu étendu sur la nature de ses véritables projets. Mais je pose la question, combien de temps mettrait Deschamps à se décider positivement devant une offre d'un club du top européen et cela quelle que soit la position de force (je veux dire sans José Anigo) que lui permettraient les dirigeants marseillais ? Sans doute peu de temps.

Didier Deschamps aujourd'hui ne cesse d'afficher comme un bouclier les deux ans de contrat qui lui restent à honorer. Et nous pouvons le comprendre.
Aucune offre à son égard ne s'est encore manifestée qui permette de penser qu'il va partir, et d'un autre côté, le président Labrune ne dispose pas sans doute des moyens lui permettant de l'évincer pour le cas où il n'en serait pas satisfait.

Mais il faut poser la question. Didier Deschamps est-il taillé pour gérer l'effectif d'un club "modeste" comme l'OM ? Peut-il transcender par des capacités psychologiques au-dessus de la moyenne des joueurs qui pour la plupart ne sont pas les meilleurs à leur poste comme l'ensemble de ses équipiers jadis ? Permettez-moi de répondre non, non et non. Le pire est que l'entraineur en est aussi convaincu, il n'est que de constater les insuffisances de l'équipe cette saison, malgré la qualification pour le 1/4 de finale de Ligue des Champions.
Et puis, sait-on au moins quel aurait-été le destin de l'effectif lillois ou montpelliérain avec Deschamps à leur tête ? Car la marque de fabrique dont se laisse complaisamment affûbler DD, celle du gagneur qui hait la défaite, n'est-elle pas aussi celle de la plupart des entraineurs de Ligue 1 ? Gillot, Antonetti, Garcia, Girard, Gourcuff, ont-ils fait la preuve d'un goût immodéré pour la défaite ? Je ne le crois pas.

Je ne perds pas de vue que j'ai titré cet article : DÉFENSE DE JOSÉ ANIGO.

Le directeur sportif, quoi qu'en dise sa dérisoire poignée de détracteurs, n'a jamais vu dans l'Olympique de Marseille une marche pour monter plus haut. "Manque d'ambition et incapacité" me diront-ils. Je leur répondrai "esprit de racines, fidélité, dévouement, humilité".
Il a été joueur dans ce club que supportait avant lui son propre père, éducateur, entraineur, et directeur sportif. Il a conquis le respect de l'ensemble des bénévoles de la section amateur, de la plupart des salariés. Dans le cadre de ses fonctions, il n'a pas connu que des réussites mais une grande partie des éléments moteurs du présent effectif ont été choisis et recrutés par ses soins pour des sommes dérisoires. Qui mieux que lui peut évoquer ce que représente Marseille à des joueurs qui débarquent et dont le moins qu'on puisse dire est qu'ils ne brillent guère par leur curiosité, pour lesquels un contrat ne se juge qu'à l'argent qu'il apporte et très peu aux devoirs qu'il entraine à l'égard de la culture locale.

Faisons le chemin à l'envers. Derrière José Anigo peut se découvrir la reconquête par l'OM des avant-postes en compagnie de Pape Diouf, une finale de Coupe UEFA, l'arrivée de Tapie (José était de la finale de Coupe de France 1986 perdue face à Bordeaux), la remontée en Première division après la chute du club en seconde, en 1979, le sauvetage de la faillite du club par son équipe de "minots", restée à juste titre présente dans le coeur des vieux supporters, sous la conduite de Roland Gransart, lui-même fils de Maurice Gransart qui fût le co-équipier de Gunnar Andersson et Larbi Ben Barek. José a été sous les ordres de Jean Robin, grand joueur de l'après-guerre aux côtés de Dard, de Pironti, fils de Pierre Robin, un des joueurs les plus marquants des années 40. Il fût en tant que spectateur, le spectateur assidu des fameuses années Skoblar-Magnusson.
José ne pense qu'au bien, à la réussite de l'OM. S'il y en a un qui représente l'Histoire avec un grand H de ce club mythique, à travers une grande partie de ses générations, c'est bien José Anigo. José est un Olympien éternel quand Didier Deschamps ne sera jamais qu'un olympien de passage, ce qui ne suppose pas que je le renie.

C'est avec José Anigo qu'il faut repartir, il est l'ADN de l'OM. Sans lui, je le dis haut et fort, c'est une grande partie de l'identité de notre club qui s'enfuierait le plaçant sur une trajectoire chaotique.

Depuis que Bernard Tapie, au cours d'une interview accordé à "l'Équipe", a repoché à Vincent Labrune de n'avoir jamais tranché entre Anigo et Deschamps, laissant entendre que son choix aurait dû le conduire à évincer le Directeur Sportif, voilà que tout le monde se prend à plagier l'ex-président. Diouf s'y est mis. Et tous ceux qui commentent l'actualité olympienne. Dans ce désir fou et nouveau de "trancher", voici que chacun se pred d'une vocation de charcutier. Mais pourquoi faudrait-il trancher quand il suffirait à Didier Deschamps, dans l'intérêt supérieur du club, d'accepter enfin une collaboration qui ne pourrait que lui profiter ?

Au final, je forme le voeu, quel que soit le destin de Deschamps, pour que José Anigo non seulement reste au club, mais soit réinstallé au coeur même du dispositif technique.
A l'heure ou personne ne sait vraiment qui doit partir de ces deux hommes, je choisis sans hésiter l'idée d'un José Anigo dans le rôle de l'homme-fort. A charge pour Deschamps de se soumettre ou de se démettre.

samedi 12 mai 2012

A FOND DERRIÈRE L'A.J.A !!!

Que l'on ne se méprenne pas... Si l'OM jouait aujourd'hui pour une place sur le podium, je vous prie de croire que je ne supporterais pas comme j'ai l'air de le faire par ce titre, l'adversaire du jour.

Mais j'ai déjà eu l'occasion d'expliquer ici qu'ayant épousé une bourguignone qui a grandi à Monéteau, à cinq kilomètres du stade de l'Abbé-Deschamps, je ne voudrais pas que par une sorte de réveil intempestif et inutile, ce soit par la faute des marseillais que les joueurs auxerrois se voient rétrogradés en Ligue 2.

Certes, si l'équipe chère à Guy Roux se trouve dans cette inconfortable position, elle ne le doit qu'à elle-même et il serait faux de penser que tout se joue contre l'OM, mais il n'en demeure pas moins, une fois n'est pas coutume, que j'espère du plus profond de mon coeur, que les auxerrois repartiront vainqueurs de leur visite au Vélodrome. Voilà, c'est juste une histoire de famille, pour que les cousins soient heureux et continuent de voir leur équipe préferée parmi l'élite du football français.

Je le souhaite d'autant plus que je ne crois pas que l'AJA, si par malheur elle devait descendre à l'étage inférieur, disposerait des ressources suffisantes pour revenir ensuite en Ligue 1. J'ai plutôt peur que ce ne soit pour ce club aux moyens modestes le début d'une dégringolade qui porterait un mauvais coup à l'économie de la région.

Allez l'AJA, les marseillais pour leur part sont en vacances depuis un bon moment, il ne me dérangerait pas qu'ils y restent jusqu'à la fin du championnat.

mercredi 9 mai 2012

DESCHAMPS DOIT PARTIR !!!

Pas vu le match à St Étienne. Un de plus. Qu'est-ce qu'on en a à faire ? J'aime bien voir les gens travailler, pas quand ils s'occupent, ce qui s'est passé depuis janvier me suffit. Quand je pense que j'avais écrit en décembre que nous étions à la veille de la demi-saison la plus enthousiasmante de l'Olympique de Marseille, je suis mort de rire.

Vers qui Margarita va t-elle pencher ?

Deschamps répète pour l'instant qu'il a deux ans de contrat et qu'il prépare la saison prochaine. Les dirigeants pourraient  l'inviter à rester. Il sera très facile de déterminer s'ils sont sincères ou non. S'ils prennent la décision de se séparer de José Anigo, ce sera le signe qu'ils ont clairement tranché entre l'un et l'autre et que Deschamps deviendrait encore plus l'homme fort. Si Anigo reste, c'est qu'il s'agira de pousser l'entraineur vers la porte, mais à la condition qu'il la prenne lui-même, de façon à ne lui verser aucune indemnité. Il m'étonnerait fort que Deschamps tombe dans le piège.

Encore une fois, et au risque de me répéter, je souhaite le maintien de José Anigo et le remplacement de l'entraineur. José Anigo, c'est la continuité, le gage d'un bon fonctionnement dans un contexte d'investissement financier modéré de la part de l'actionnaire. Anigo a désormais des réseaux, son oeil s'est affiné, il sait mieux que quiconque reconnaitre qui peut supporter le maillot blanc sur ses épaules et qui ne le pourra pas. José Anigo, c'est l'âme de Marseille au sein de la structure professionnelle. C'est l'uranium de la centrale. Cela fait quarante ans qu'il a l'OM dans le coeur, trente-cinq ans qu'il en porte le survêtement, qui serait assez bête pour ne pas penser qu'il n'a que le bien de l'OM à l'esprit ?
Avec Pape Diouf, ils ont su ramener le club vers les sommets, et cette remontée fût couronnée par le titre de champion de France 2010.

Mais José Anigo n'est pas l'entraineur. Ce n'est pas lui qui prépare l'équipe. Il n'est plus dans ses attributions de parler aux joueurs de leur positionnement, de leur investissement, de leurs envies, puisque Didier Deschamps a obtenu sa mise à l'écart. Ce n'est pas lui qui a des problèmes avec les joueurs. Ce n'est pas à lui qu'on doit ce jeu insipide dont match après match notre équipe préférée nous montre le triste spectacle. Ce n'est pas lui qui est en charge de leur communiquer l'envie, la motivation, la soif de victoires.

L'entraineur et le seul responsable est Didier Deschamps. Il n'a aucune excuse. Il a purement et simplement échoué. il est encore très idolâtré par ceux qui sont nés au football pendant les années Tapie. C'était le capitaine qui a soulevé pour nous la Coupe aux grandes oreilles. Je ne lui conteste pas le respect que je lui dois pour cela, mais je ne dois pas être aveuglé non plus par son prestige. Son apport en tant qu'entraineur est moyen sur trois saisons, ne me parlez pas des "titres", il y aurait beaucoup de choses à dire. Nous ne pourrons correctement repartir que s'il quitte l'OM.

Pourvu que Margarita soit assez fine pour pressentir cela.

dimanche 6 mai 2012

LE REGARD DE MARGARITA !!!

Notre chère équipe de l'Olympique de Marseille jouera lundi soir à St Étienne pour un match sans enjeu pour elle. La fin de championnat va désormais s'étirer de façon presque interminable au point que je me contenterai de la signaler de manière anecdotique sans entrer dans le détail n'ayant aucune autre attente qu'un match digne qui respecte le football et la compétition.

Mais en attendant que le rideau tombe enfin, et en espérant, par solidarité sudiste, que Montpellier restera sur la plus haute marche jusqu'à ce terme, je tourne mon regard comme tous les observateurs vers les mouvements qui ne manqueront pas de se produire à la tête du club. Ce ne serait rien de dire que ce qui s'annonce n'incite, pour l'instant, guère à l'optimisme.

Dans un billet récent, j'appelais de tous mes voeux à la recomposition du tandem Diouf-Anigo qui porta le club au sommet après bien des années de disette. Je me suis bien planté, grave.

Regardons les forces en présence !

Premièrement, où en est la qualité des liens entre Margarita et Vincent Labrune ? De cette qualité découlent bien des choses. Margarita possède seule le pouvoir de décider. Peut-elle retirer sa confiance à Labrune ? La question nous mène vers une première alternative :
Si Labrune n'a plus la main, vers qui Margarita se tournera-t-elle ? Cela pourrait-il être Pape Diouf ? Si Labrune garde la main, que pense-t-il du bilan de Didier Deschamps et souhaite-t-il continuer avec l'entraineur ?

La direction est-elle prête pour le cas où Didier Deschamps ne serait plus en odeur de sainteté à aligner le chèque sans lequel l'entraineur ne bougera pas ? Combien de temps les uns et les autres joueront-ils la montre. Deschamps peut très bien, dans un premier temps, prendre un chèque pour partir et signer ensuite dans un club avec lequel il aurait pris soin de masquer tout contact. La mauvaise contrepartie de ce poker menteur ferait perdre beaucoup de temps au club.

Mais Margarita et Labrune peuvent garder leur confiance à Deschamps. La conséquence serait sûrement le départ de José Anigo. J'ai déjà écrit ici que ce cas de figure n'a absolument pas ma préférence.

Depuis quelque temps, Diouf sort du bois et se montre très critique à l'égard de Labrune. Cela signifie-t-il qu'il serait revenu à ses oreilles quelques doutes de Margarita envers l'actuel président ? Espère-t-il que Labrune lâchera l'affaire face aux difficultés en se replaçant dans le concert ? Pape a récemment regretté l'isolement de Deschamps, une façon quelque part de ne pas renier le choix initial qu'il avait fait en portant l'entraineur à la tête de l'équipe, mais aussi d'encourager à la sortie du jeu de José Anigo, même s'il a pris le soin de préciser que la désignation de Didier Deschamps avait été partagée par José, ce qui pourrait aussi sous-entendre que leur clash n'a pas forcément le directeur sportif pour origine.

Dernièrement, c'est Louis Acariès qui s'est fait entendre, pour soutenir... Vincent Labrune. En prononçant ce choix, a-t-il signifié une préférence nette entre Diouf et Labrune qui éliminerait toute possibilité de retour au pouvoir du vieux sage africain ? Mais, est-ce que la voix de Louis Acariès garde la moindre importance aux yeux de Margarita ?

Bref, toute la question est que va faire Margarita, et comme il ne fait de mystère pour personne qu'elle ne comprend pas grand chose au football, sur quelle épaule choisira-t-elle de s'appuyer ? Cette personne aura le contrôle. Nous sommes très nombreux à nous demander vers qui son regard se tournera.

Vive le grand Roger Magnusson !

samedi 5 mai 2012

FURIANI... POUR JEAN FERRARA

Vingt ans.

Voici le temps qui s'est écoulé depuis ce soir d'apocalypse qu'ont vécu tous ceux qui se trouvaient sur cette putain de tribune montée à la hâte, au mépris des règles élémentaires de la physique, par des bricolos irresponsables, sous les ordres de dirigeants du football (ceux de Bastia, de la Ligue, de la fédération) cupides, cyniques au point de se dédouaner devant les caméras au moment même où des humains agonisaient encore à quelques mètres d'eux.

Vingt ans de souffrance pour ceux qui ont survécu, les familles des disparus, les blessés du corps et de l'âme qui revoient tous les jours s'écrouler ce mécano funèbre, qui entendent,au coeur de leurs nuits désormais sans repos, sans cesse sonner dans ce fracas effroyable, le glas d'une existence heureuse, "normale", vive et insouciante.

Je pense aujourd'hui profondément à tous et particulièrement à MR Jean Ferrara, mon ami, grand reporter au Soir après avoir longtemps exercé au Provençal, immense connaisseur de l'Olympique de Marseille, qui eut certes la vie sauve, mais laissa là-bas non seulement un corps d'athlète dans la pleine force de l'âge, mais aussi une carrière qui en avait fait l'une des plumes les plus suivies de la presse sportive régionale. Ces lignes sont l'occasion pour moi de réaffirmer que si l'OM est un club qui suscite encore aujourd'hui, mais pour combien de temps encore, une passion extrême, il le doit en partie à des hommes comme Jean Ferrara, à la fois conteur et analyste aigu du moindre tressaillement organique de l'OM, noble haut-parleur de l'âme marseillaise dans tous ses excès et subtilités.

A tous ceux qui passent par ces lignes et qui aiment l'OM, je recommande expressément de fréquenter le blog de Jean Ferrara dans lequel il continue de transmettre sa passion de la chose footbalistique, toujours avec la même force, la même indépendance, qui lui font avoir raison avant tout le monde, malgré les douleurs, les difficultés de se déplacer, les soins médicaux dont il devra être l'objet jusqu'à la fin de ses jours, les cicatrices de Furiani qui ne se refermeront jamais. Il a d'autant plus de mérite, l'ami Jean Ferrara, qu'il continue aussi de se battre contre le traitement honteux et kafkaïen que lui ont fait subir une étrange et sinistre confrérie de banquiers, comptables, avocats et juges qui ajoutèrent la déchéance financière à la déchéance physique (le récit de cette sombre histoire se trouve entièrement sur son blog). Je ne peux pas imaginer une seconde, pour l'idée que nous devons tous nous faire de la justice en cette veille d'élection présidentielle, qu'il ne puisse pas récupérer ses droits et la valeur de son appartement en bout de procédure.

Ce petit article pour Jean, auprès duquel personne ne s'est manifesté dans cette étrange famille des journalistes où il semble que le concept de solidarité s'écrive avec une incompréhensible géométrie variable. Combien d'années viennent-elles de s'écouler sans qu'aucun des ses anciens confrères ne lui fassent le moindre signe ?

Jean, mon maître, tiens bon, nous sommes quelques-uns avec toi. Ta résistance aux épreuves fait honneur à l'idée que je me fais de l'Homme marseillais.

Vive ton grand ami Roger Magnusson !